Le Michel des orthodoxes
Le numéro 94 des Annales du Mont vient de sortir. L’éditorial de Don Pierre donne le ton de cette dernière mouture : « nous voulons vous faire découvrir la richesse de la spiritualité des églises orientales, qui sont autrement plus habituées que la spiritualité latine à insister sur la proximité du monde angélique et sur la communion avec les êtres célestes ».
Un article de Nicolas Vodé nous apprend qu’il est effectivement courant de voir sur les icônes les puissances célestes sous la forme d’êtres ailés « aux yeux nombreux » et que sur un des instruments liturgiques du rite byzantin, le « rhipidion », « un éventail qu’on agitait pour empêcher les mouches de s’approcher des saints dons », sont représentés des séraphins « se couvrant le visage de leurs ailes pour mieux figurer ce foisonnement angélique autour de Dieu venant à la rencontre des hommes ». On découvre aussi que chez les orthodoxes, le lundi est le jour des anges, un jour de jeûne dans les monastères et ce pour signifier que la vie monacale se veut imitation du mode de vie angélique. Nicolas Vodé termine son article en nous indiquant qu’il est « aujourd’hui fréquent que les voitures des chrétiens orthodoxes contiennent une petite icône de saint Michel, le grand archistratège des armées célestes envoyées par Dieu pour préserver les hommes de tout mal et les conduire à Lui. »

Don Pierre, lui, évoque un grand classique de l’angéologie, La Hiérarchie céleste du Pseudo-Denis Aréopagite, auteur qui classe les créatures célestes en trois groupes plus ou moins proches de Dieu. Michel, contrairement à ce qu’on pourrait penser n’est pas au premier niveau mais au troisième, le groupe de ceux qui transmettent aux hommes les messages divins et « accompagnent plus directement l’humanité vers son accomplissement en Dieu. »
Sœur Catherine commente, quant à elle, une icône de Roublev datant des années 1420 et représentant, comme il se doit, … saint Michel.

Le dossier s’achève sur une œuvre anonyme de la fin du XIXe siècle, Récits d’un pèlerin russe, qui, nous explique A. B., « condense tout l’héritage de la spiritualité hésychaste, cette tradition de silence et de vigilance née dans les monastères d’Egypte, de Syrie et du Mont Athos. […] Au centre de cette tradition, la prière n’est ni un effort ascétique ni une construction mentale. Elle est un don, une grâce qui s’éveille lorsque l’homme se tait ».

Merci à l’équipe du Sanctuaire pour ces belles ouvertures.