Un pic rare, le pic mar

Une rubrique sur les oiseaux, dans notre revue consacrée au patrimoine ? Nous sommes plus habitués à des articles sur l’histoire, l’architecture, la littérature. Que viennent faire les p’tits zoiseaux ici ?

Eh bien, la nature fait partie de notre patrimoine, il nous faut donc la connaître aussi. La vue d’un énorme chêne pluricentenaire, qui a vu passer sous ses branches l’armée des Chouans, évoque bien cela, mais c’est moins évident pour des plantes ou des animaux à vie plus courte. Pourtant, l’un ne va pas sans l’autre : le chêne est sur son talus, le talus est relié au maillage bocager, divers plantes et animaux en font partie intégrante.

Notre oiseau du jour est un pic rare chez nous : le pic mar est exigeant sur son environnement, il a besoin d’un milieu forestier comprenant de vieux chênes et des arbres à bois tendre. Dans le Sud-Manche, ce n’est guère qu’au Bois d’Ardennes, à Ducey, qu’on a des chances de le rencontrer.

Comment le reconnaître ?

Plus petit que le pic vert, et même un peu plus petit que le pic épeiche – c’est le pic le plus fréquent – le pic mar présente un plumage blanc dessous et bariolé de noir et blanc dessus. Le dessous de la queue est rouge pâle (rouge vif chez le pic épeiche) et le dessus de la tête est rouge vif. On pense parfois que les oiseaux exotiques sont plus colorés que les nôtres, mais c’est méconnaître un grand nombre de nos espèces !

@ Bertrand Hamard, GONm

Grand amateur d’insectes, le pic mar explore les troncs et les branches, appuyé sur sa queue. Il monte progressivement le long du tronc, puis rejoint en vol un autre arbre.

Si le pic épeiche tambourine de l’hiver jusqu’au milieu du printemps pour marquer son territoire, le pic mar chante, d’un ton plaintif, et parfois semble imiter un goret malmené.

Pourquoi en trouve-t-on au bois d’Ardennes ?                                              

Le bois d’Ardennes est un site forestier particulier pour notre département qui est le moins boisé de France.

Le bois d’Ardennes en hiver @ Thierry Grandguillot,

Situé en fond de vallée, la nappe fluviale affleure souvent ; le sol est assez pauvre, certains arbres ont du mal à vieillir ; très ancien, il comporte un grand nombre d’espèces d’arbres, d’arbustes et de plantes basses, ce qui donne un sous-bois à plusieurs étages. On est loin des grandes futaies des forêts ornaises ! Cette richesse botanique permet l’installation de nombreuses espèces d’insectes et d’oiseaux. La sortie prévue le dimanche 8 février à 9h30 au Bois d’Ardennes permettra de parler des relations entre le milieu et les oiseaux. RDV au premier parking, à droite, en venant de Ducey.

Thierry Grandguillot, (Groupe Ornithologique Normand)